Interview de Bref, la plateforme de L’Agence du court métrage

Interview de Bref, la plateforme de L’Agence du court métrage

Interview d’Amélie Chatellier, déléguée générale de L’Agence du court métrage par Kaemo

1) « BrefCinema.com » Qu’est-ce que c’est ? Et quel genre de contenu est diffusé ?

Le site www.brefcinema.com émane de la revue Bref, éditée par L’Agence du court métrage depuis 1989. Bref est l’unique revue consacrée au court métrage et se donne pour ambition de créer un lien entre ceux qui fabriquent les courts métrages, ceux qui les diffusent et ceux qui les regardent.

En 2016, Bref a changé de formule et s’est tournée vers deux nouveaux formats :

  • d’une part sous la forme d’un « Magbook », revue semestrielle de 156 pages dont le prochain numéro est annoncé le 12 mai
  • d’autre part d'une formule numérique enrichie : le site Brefcinema.com où sont édités des contenus rédactionnels spécifiques (articles liés à l’actualité du court métrage) et pour les abonnés, des courts métrages à découvrir en ligne, régulièrement renouvelés.

Pour résumer, Bref, c’est une revue et des films en ligne, pour découvrir le meilleur du court métrage.

Bref fonctionne sur abonnement, avec une formule à l’année (50€/an) ou par mois sans engagement (5€/mois). Le premier mois est gratuit.

2) A qui s’adresse Bref ?

Le site s’adresse à tous les cinéphiles curieux, qui ont envie de découvrir des courts métrages. Rappelons que si le court métrage est bien diffusé en France – en salles de cinéma, en festivals, mais aussi à la télévision, en catch up – il reste néanmoins que ce sont des œuvres plus difficiles d’accès.

Bref s’adresse à tous les amateurs du 7e art, curieux de découvrir le meilleur du court métrage. Nous nous adressons également aux professionnels du secteur en envoyant une newsletter dédié deux fois par mois.

Catégories de Brefcinema.com

3) Comment vous est venue l’idée de compléter le magazine Bref avec de la VOD propulsée par Kaemo ?

Auparavant, Bref était publié avec un DVD qui venait en complément de la revue, alors en publication trimestrielle.
Mais le DVD, objet du 20e siècle, nous semblait un peu dépassé et ne permettait pas toujours, pour des raisons techniques, éditoriales, de financement du DVD, de montrer tous les films que nous souhaitions montrer. Nous avions par ailleurs à L’Agence du court métrage un sujet de réflexion, forcément, autour d’Internet. Il était question de créer une plateforme de VOD ou de SVOD pour montrer des courts métrages car une association comme la nôtre ne pouvait pas se couper de ce sujet. De plus la facilité de basculer du DVD vers la VOD grâce à la solution clé en main Kaemo semblait propice pour développer cet aspect.

Nous avons en quelque sorte « fusionné » les deux projets, et il me semble que l’un renforce l’autre, Bref est plus proche de ce qu’on attend aujourd’hui d’un media en ligne, avec de riches contenus associés, et quoi de mieux pour une plateforme SVOD que de bénéficier des compétences rédactionnelles d’une équipe de journalistes comme celle de Bref ? Nous croyons en effet à l’hyper-éditorialisation : dans un monde tout numérique où plus de 300 000 courts métrages sont référencés sur YouTube, comment le spectateur peut-il s’y retrouver ?

Avec Bref  nous avons choisi de présenter peu de films (3 nouveaux films par semaine, environ 150 films par an), mais chaque film est accompagné d’une critique, et plus tard, nous l’espérons, de bonus et notamment d’entretiens avec les réalisateurs ou l’équipe artistique des films.

4) Vous proposez plus de 150 courts métrages par an, comment gérez-vous les ayants droit et le reversement ?

L’Agence du court métrage travaille depuis 30 ans main dans la main avec les producteurs et les ayants droit, qui ont tous été enthousiasmés et nous ont donné leur accord pour le projet. 

Nous achetons chaque film avec un minimum garanti de 150 euros par film, et une présence de 2 à 6 mois sur la plateforme. Ensuite, il y a un partage de recettes avec les ayants droit sur les recettes liées à la plateforme, car la particularité de Bref, c’est que l’abonnement comprend aussi les 2 numéros du "magbook". Le partage des recettes est rendu possible grâce aux statistiques de ventes et aux statistiques vidéo fournies par Kaemo. A L’Agence du court métrage, nous avons un département des ventes audiovisuelles qui a toujours défendu, plutôt qu’un strict partage de recettes à 50%, le principe d’un minimum garanti sur les films, car l’économie des plateformes ne garantit pas toujours, selon nous, une juste rémunération des œuvres et de leurs auteurs. Nous nous sommes donc appliqués à nous mêmes ce principe, avec la mise en place du minimum garanti !

5) Vos retours sur le financement participatif et sur le lancement de « BrefCinema.com » ?

Nous avons fait une campagne de financement participatif sur Ulule qui a permis de collecter 15 000 euros et de générer environ 1000 nouveaux abonnés. C’est donc un grand succès pour nous, surtout que c’était une première !

Il peut sembler étrange pour une structure comme la nôtre, L’Agence du court métrage, de se lancer dans une campagne de financement participatif, c’est peu conforme à notre statut « d’institution »… Nous avons donc choisi de le faire d’une autre manière : il ne s’agissait pas seulement pour nous de collecter des fonds pour lancer le projet – qui se serait fait in fine quel que soit le montant collecté – mais davantage de travailler sur la notoriété de Bref, de développer notre présence sur les réseaux sociaux et surtout, d’acquérir de nouveaux abonnés : les personnes qui ont contribué sur Ulule ont en réalité acheté une « présente », c’est à dire un abonnement « en avant première », le montant étant corrélé à la durée de l’abonnement (de 4 € pour un mois à 100 € pour 2 ans). 

6) Quels sont vos objectifs pour l’avenir de Bref ?

Développer le nombre d’abonnés encore et encore ! 

Ouvrir un espace dédié à la musique, ce que nous allons faire très rapidement grâce à un partenariat mis en place avec la SACEM.
Probablement dans les prochains mois ouvrir un espace dédié aux enfants et au jeune public, car nous avons beaucoup de courts métrages qui leur sont destinés, et nous pensons qu’Internet ne propose pas réellement d’offre intéressante pour les parents qui souhaiteraient proposer à leurs enfants autre chose que des dessins animés repiqués sur YouTube…
Réfléchir à la question d’une application, à condition qu’elle donne réellement une plus value à nos abonnés.

Merci pour vos réponses Amélie Chatellier. Nous suivrons les prochains courts métrages sur la plateforme www.brefcinema.com !


Yan Kaemo

Yan DEGIVE

Responsable Webmarketing

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